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Alliance artistique sur le site du marae de Maha´iatea (Hiro’a n° 162 - Avril 2021)

Érigé sur la pointe Manomano, à Papara, le marae de Maha’iatea, en forme de pyramide, était le plus grand de toute l’île de Tahiti. Afin de faire découvrir ou redécouvrir, notamment aux jeunes générations, ce patrimoine riche en histoire...

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Érigé sur la pointe Manomano, à Papara, le marae de Maha’iatea, en forme de pyramide, était le plus grand de toute l’île de Tahiti. Afin de faire découvrir ou redécouvrir, notamment aux jeunes générations, ce patrimoine riche en histoire, la Direction de la culture et du patrimoine a proposé à des graffeurs et des sculpteurs du fenua de réaliser chacun une oeuvre sur le thème de ce site hors du commun.

Situé peu après le pont de la Taharuu, le site du marae de Maha ́iatea ne laisse pas indifférent. Construit dans les années 1760, ce marae a été érigé par la reine Purea et son époux Amo pour leur fils Teriirere. Décrit par le botaniste Joseph Banks en 1769 – venu à bord du navire du capitaine Cook, l’Endeavour –, le marae était composé de onze gradins dont la hauteur totale fait plus de 11 mètres. Si le temps a malheureusement fait des dégâts, on y devine le passé fort de ce lieu de culte dédié au dieu ́Oro.

Désireuse de faire découvrir ce patrimoine historique aux plus jeunes, la Direction de la culture et du patrimoine (DCP) a sollicité le concours de cinq artistes du fenua, deux graffeurs et trois sculpteurs, pour réaliser au cours de l’année 2021 des œuvres sur le site.

Plusieurs d’entre eux ont déjà relevé le défi d’allier les arts modernes à un lieu sacré. À commencer par Jops qui est sur le point d’achever une grande fresque sur l’un des murs entourant le site du marae. Le graffeur n’a pas hésité à venir peindre sa fresque de nuit en raison de la réverbération de la chaleur sur le mur. Abuz s’attellera bientôt à la tâche. L’artiste, qui réalisera ses graffs sur le mur du parking et des sanitaires, a déjà bien mûri son projet. « Je pense faire un habillage de scène de nature végétale et dessiner le dernier chef avec sa lance », précise-t-il.

Côté sculptures, l’artiste Stéphane Motard, a, lui aussi, bien avancé dans son projet. Le sculpteur a choisi de réaliser son œuvre sur une pierre de basalte de Punaauia. « C’est une pierre que j’avais depuis longtemps. Elle a une forme, un mouvement ondulé qui me parle. Je me suis inspiré du dieu Ruahatu, un dieu de l’océan mi-homme, mi-espadon. Ses colères n’épargnent personne, pas même les ari ́i. Il voit dans le moana uriri. Les poissons sont ses épouses et il est le créateur des passes », explique le sculpteur.

Bientôt terminée, la sculpture sera ensuite déposée sur site à proximité du ahu. Elle sera rejointe d’ici quelques mois par deux autres sculptures réalisées par deux artistes réputés, Jonathan Mencarelli et Teva Victor. « Je compte sculpter un tiki des îles Sous-le-Vent. Il sera sans doute de petite taille, car je ne dispose pas de grande pierre pour l’instant (...). Une partie de l’œuvre sera bien reconnaissable de mon style, mais je vais peut-être également essayer de faire une sorte de trompe-l’œil pour que le visiteur puisse avoir l’impression que, sur une autre partie, c’est une œuvre qui pourrait avoir été faite à l’époque », précise Teva Victor, qui espère bien dénicher une pierre de plus grande dimension, pour trouver toute sa place dans ce site sacré.

- Alliance artistique sur le site du marae de Maha´iatea (Hiro’a n° 162 - Avril 2021) (à télécharger)