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Le niveau de la mer sous surveillance à Taputapuatea (Hiro’a n° 132 - Septembre 2018)

C’est un premier pas de fait en vue de répondre à l’une des demandes de l’Unesco, à savoir atténuer l’élévation du niveau de la mer. Fin juin, Raphaël Certain...

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RENCONTRE AVEC MARTINE RATTINASSAMY, RESPONSABLE DE LA DOCUMENTATION DU SERVICE DE LA CULTURE ET DU PATRIMOINE. TEXTE : ÉLODIE LARGENTON. PHOTOS : SCP.

C’est un premier pas de fait en vue de répondre à l’une des demandes de l’Unesco, à savoir atténuer l’élévation du niveau de la mer. Fin juin, Raphaël Certain, du Centre de formation et de recherche sur les environnements méditerranéens (Cefrom), basé à Perpignan, a effectué avec son équipe une topographie ainsi qu’un levé de trait de côte du site de Taputapuātea.

Avant même l’annonce de l’inscription du paysage culturel Taputapuātea, l’équipe du Service de la culture et du patrimoine prévoyait diverses actions à mettre en place pour gérer le bien de manière écologique et durable. Le comité du patrimoine mondial recommande notamment de prendre « des mesures pour atténuer l’élévation du niveau de la mer ».

Pour cela, il faut commencer par déterminer l’importance de la menace qui pèse sur le site. En mission à Maupiti, le chercheur Raphaël Certain, directeur du Département des sciences de la terre au Cefrom, à Perpignan, et Frédéric Bouchette, chercheur à l’université de Montpellier, ont gracieusement ajouté une escale à leur séjour : ils sont venus faire des relevés du site de Taputapuātea, du 28 au 30 juin dernier.

À l’aide d’un GPS Trimble R8 et d’une perche, les chercheurs ont effectué des relevés topographiques et des relevés du trait de côte (la limite entre la terre et la mer). Un point zéro a été installé dans un bloc de béton suffisamment stable pour ne pas bouger ces prochaines années. C’est à partir de ce point de référence que les chercheurs se sont déplacés avec leur matériel pour effectuer leurs relevés. Ils ont même fait une incursion dans le lagon, pour faire quelques observations.

En l’absence de données anciennes sur la topographie et le trait de côte, il ne faut pas s’attendre à une analyse rapide de la situation. « Ce sont des études qui devront perdurer pour nous permettre de comprendre comment ce site va évoluer au fil du temps », explique Martine Rattinassamy, du SCP. « On ne va pas établir un plan d’action au bout de deux ans, parce qu’il n’y aura pas de changement significatif du niveau de la mer, du littoral... » ajoute- t-elle. Le risque est pourtant déjà visible : « Trois marae sont construits vraiment sur le littoral et ils ont désormais les pieds dans l’eau », prévient Martine Rattinassamy.

L’évolution de la situation sera surveillée de près ces prochaines années, mais le Service n’attendra pas avant de prendre des premières mesures. Il est ainsi envisagé de protéger le littoral par de la revégétalisation.

Le plan du comité de gestion pour assurer la sauvegarde du site devra être précisé dans le rapport d’évaluation qui sera remis à l’Unesco d’ici quatre ans.

+ d’infos : www.culture-patrimoine.pf, pages facebook « Sce Culture Patrimoine » et « tahuamarae ». Le SCP est joignable au 40 50 71 77, du mardi au vendredi de 7h30 à 15h30 (14h30 le vendred

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