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Préserver le Patrimoine, une priorité du Service de la Culture et du Patrimoine (Hiro’a n° 124 - Janvier 2018)

Le travail des agents du Service de la Culture et du Patrimoine est peu connu du grand public. Pourtant il est essentiel à la préservation du patrimoine polynésien, si riche et varié. Plusieurs équipes ont en charge, tout au long du premier semestre 2018, de s’occuper des restaurations de différents sites...

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PRÉSERVER LE PATRIMOINE, UNE PRIORITÉ DU SERVICE DE LA CULTURE ET DU PATRIMOINE

Le travail des agents du Service de la Culture et du Patrimoine est peu connu du grand public. Pourtant il est essentiel à la préservation du patrimoine polynésien, si riche et varié. Plusieurs équipes ont en charge, tout au long du premier semestre 2018, de
s’occuper des restaurations de différents sites. Ainsi, Philippe Plisson agent basé à Tahiti du SMBR, l’entreprise Société Méditerranéenne de Bâtiment et Rénovation spécialisée dans la restauration du patrimoine et des monuments historiques, chargé de restaurer la pierre Te Papa Tea O Ruea.

L’aspect hautement symbolique de cette pierre dressée sur le marae Hauviri, la plus sacrée du site Taputapuātea, impose d’aborder une restauration avec beaucoup de précaution et dans le respect des traditions. Il s’agit de travailler en conservation, le but étant essentiellement d’effacer les graffitis et de déterminer les zones de fragilités.

L’équipe procédera donc à un nettoyage des gra tis super ciels à la brosse douce et une façon d’adouci, procédé consistant à casser les arêtes des incisions et qui s’obtient grâce à une légère ciselure et un ponçage manuel, pour les incisions les plus profondes de manière à lui redonner son aspect originel. Une auscultation sonore de la pierre est également prévue afin de déceler les éventuelles fissures qui ne sont pas visibles à l’œil nu.

Cette opération permettra de déterminer si des travaux de confortement supplémentaires sont nécessaires. Philippe Plisson, toujours avec le SMBR, sera également en charge de la conservation de la statuaire lithique des tiki à Papeari (Heiata et Moana). Ces tiki, qui n’ont pas été touchés depuis 2006 se détériorent malheureusement au fil des ans, sont originaires de Raivavae ; ils ont d’abord été placés à Mamao avant de transiter à Papeari, un transport périlleux qui a coûté la vie à de nombreuses personnes.

Des chantiers d’envergure

Autre grand chantier du Service de la Culture et du Patrimoine, la restauration du marae Pererau à Pihaena, Moorea. Ce marae est très éboulé par le temps mais aussi par ses multiples occupations à l’époque historique : divagation de bovins, terrassement pour la piste d’accès, etc.

Depuis des années, l’association Puna Reo, qui a la gestion de cette parcelle communale, souhaitait le faire restaurer, ce qui sera réalisé en 2018 grâce au travail de Paul Niva, prestataire pour le service.

Le site comprend plusieurs monuments : deux plateformes, des tombes, des alignements et vestiges de soubassements. Cette première restauration prévue concerne la plus grande plateforme, identifiée comme étant le marae Pererau.

Entre 2010 et 2012, un premier diagnostic et relevé de surface ont été réalisés par les archéologues de l’association Te ‘Ihipapa no Ta’atoa, dont la présidente et archéologue Hinanui Cauchois.

En 2014, l’archéologue Aymeric Hermann, grâce à une collaboration entre les deux associations et au nancement de la fondation Ford, a pu mettre en place un chantier de fouilles et un diagnostic archéologique. A l’époque, en dégageant le site de la végétation envahissante et de blocs éboulés masquant les fondations des murs d’origine, ces travaux ont révélé une architecture élaborée, avec de nombreux blocs de basalte taillés et blocs de corail taillés.

La mission de Paul Niva sera donc de restituer ce marae au mieux dans les limites des matériaux (pierres taillées) encore disponibles sur le site.

La restauration de la source Roitomoana, à proximité du marae Taputapuātea sur la Pointe Matahiraitera’i, sera également au programme des sites à restaurer, avec une fouille archéologique pour en identifier les contours, et recueillir toutes les informations ou objets pouvant y être conservés. Martine Rattinassamy en aura la charge ainsi que celle de tracer le sentier pédestre surplombant le site Taputapuātea qui sera finalisé en 2018.

Permettre au public d’accéder au patrimoine

Depuis septembre 2017, le Service de la Culture et du Patrimoine se concentre sur un dossier essentiel : celui de l’archipel des Marquises et de son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les équipes du service vont ainsi élaborer les prémices de ce dossier qui va demander un minutieux et rigoureux travail, à l’instar de Taputapuātea.

Pour cela, le service est assisté de deux consultants pour le dossier culture, et d’un consultant de l’Agence française de la Biodiversité, en charge du dossier naturel, en collaboration avec la Communauté de Communes des Iles Marquises (CODIM).

Un pré-dossier doit être présenté au Comité national des biens français au Patrimoine Mondial à Paris en avril 2018.

Taputapuātea continue, lui aussi, d’exiger un gros travail de gestion de la part du service. Un programme d’aménagement du pôle accueil est prévu avec des zones d’informations, un parking et un commerce. Il sera aussi question d’aménager un sentier vers le site permettant d’éviter les voitures et ainsi de mieux préserver le site.

Les équipes devront également travailler sur un sentier initiatique avec des informations en rapport avec l’histoire, afin de préparer les visiteurs à entrer sur ce site sacré et chargé d’histoire.

Le Service de la Culture et du Patrimoine a donc un premier semestre 2018 chargé mais indispensable pour la préservation de notre patrimoine.

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Toutes les informations sur www.culture-patrimoine.pf,
sur la page Facebook : Service de la Culture et du Patrimoine, ou au 40 50 71 77

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