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Les campagnes de prospections et de fouilles archéologiques autorisées en Polynésie française en 2017



1. Campagne de prospections archéologiques dans la vallée de Aakapa (commune associée de Hatiheu) et au domaine Bambridge (commune associée de Taipivai) sur l’île de Nuku Hiva, et sur les sites des vallées de Taaoa, Hanaiapa, Hanamate, Hanatea, Punaei et Utuhehe (communes associées de Atuona et Puamau), sur l’île de Hiva Oa, archipel des Marquises, effectuée par Mme Annette Kühlem .(Arrêté n° 515 MCE du 24 janvier 2017).
Le programme de recherche de l’archéologue Annette Kühlem s’intitule « Les arbres sacrés de Polynésie française : détermination de la contemporanéité des arbres sacrés avec les structures archéologiques à fonction rituelle et religieuse dans l’archipel des Marquises ».
Pour rappel, de nombreux arbres sacrés (banyan, ‘ati, mape, miro, ‘aito…) poussent sur ou aux alentours des grands sites cérémoniels. L’objectif de cette étude est de déterminer d’une part, l’âge de ces arbres et d’autre part, si ces arbres ont été plantés par la main de l’homme (implantation anthropique) ou par l’action de l’avifaune (implantation naturelle).
Son étude a débuté en 2015 et Mme Kühlem propose d’obtenir des datations absolues plus précises au moyen de la dendro-chronologie, méthode peu invasive pour l’intégrité de l’arbre. Sa première campagne de carottages sur des arbres sacrés implantés sur des sites archéologiques de Nuku Hiva a révélé des résultats particulièrement intéressants, dont les analyses sont en cours de finalisation. La datation par dendro-chronologie a donné des dates cohérentes avec l’utilisation pré-européenne des sites, certains arbres encore vivants remontant au 16ème siècle après J-C.

Elle souhaite donc poursuivre cette recherche pionière en élargissant le champ à des sites sur l’île de Hiva Oa. En parallèle, un relevé détaillé et en trois dimensions des sites sera effectué. Certains de ces sites ont été inventoriés par le service de la culture et du patrimoine, mais disposer de nouveaux relevés très précis de ces sites apportera des informations précieuses sur ce patrimoine culturel.
Mme Kühlem est accompagnée d’une équipe d’archéologue et de dendrochronologue. Sa mission est financée par l’Institut Archéologique Allemand et se déroulera sur quatre semaines, du 16 janvier au 14 février 2017.

- Téléchargez l’ arrêté n° 515 MCE du 24 janvier 2017 autorisant Mme Annette Kühlem à effectuer une campagne de prospections archéologiques dans la vallée de Aakapa (commune associée de Hatiheu) et au domaine Bambridge (commune associée de Taipivai) sur l’île de Nuku Hiva, et sur les sites des vallées de Taaoa, Hanaiapa, Hanamate, Hanatea, Punaei et Utuhehe (communes associées de Atuona et Puamau), sur l’île de Hiva Oa, archipel des Marquises

2. Campagne de prospections et de sondages archéologiques à Opunohu sur l’île de Moorea effectuée par Mme Jennifer Kahn(Arrêté n° 525/MCE du 2 janvier 2017).

La mission de Mme Kahn rentre dans le cadre du programme INTEGRE à Opunohu, financé par le Secrétariat Général de la Communauté du Pacifique et fait suite à trois missions autorisées en décembre 2015, mars 2016 et décembre 2016.
Lors de la première mission Mme Kahn avait réalisé une prospection de surface de la zone retenu afin de connaître en détail le nombre, le type de structures y édifiées et leur fonction. Avec l’assistance d’un géomètre, ces premières structures ont pu être calées sur un plan.
Au mois de mars 2016 Mme Kahn a poursuivi avec le géomètre, la prospection et la localisation des sites archéologiques dans leur contexte topographique permettant ainsi de connaître en détail la zone d’étude mais aussi de compléter les panneaux d’informations qui seront implantés le long d’un parcours ethno-botanique, matérialisé par des sentiers qui parcourent la dite zone.
Au mois de décembre 2016, Mme Kahn a proposé des fouilles limitées sur deux ensembles de marae faisant partie des quatre centres politiques majeurs trouvés dans la vallée d’Opunohu (Kahn et Kirch 2015).
crédit photo SCP 2017
Alors que certains sites ont été datés, plusieurs autres sites clefs ne l’ont pas été, limitant ainsi la compréhension de la répartition du peuplement de cette zone et la complexité sociale dans la vallée d’Opunohu. Des sites d’habitat, des sites agricoles, des sites religieux seront choisis avec soin par Madame Kahn pour être restaurés.
Au mois de février 2017, Mme Kahn achèvera le programme de fouilles.Cette dernière mission sera l’aboutissement d’un travail qui permettra de compiler toutes les données obtenues sur le domaine d’Opunohu permettant ainsi l’achèvement du travail de restauration entrepris depuis 2015 mais aussi la mise en place sur site de panneaux informatifs à valeur culturelle.

- Téléchargez l’ arrêté n° 525 MCE du 25 janvier 2017 autorisant Mme Jennifer Kahn à effectuer une campagne de prospections et de sondages archéologiques à Opunohu sur l’île de Moorea

3. Campagne de fouilles archéologiques sur le site de Fare Hape, sis sur la terre Farefenua, dans la haute vallée de Papenoo, commune de Hitia’a O Te Ra, île de Tahiti, effectuée par M. Paul Niva (Arrêté n° 6265/MCE du 5 juillet 2017).

Le site de Fare Hape est depuis l’année 2000 mis à disposition de l’association Haururu, en charge de sa surveillance, de son entretien, de ses aménagements et de son animation.
Depuis, l’association s’investit dans des projets de conservation et de diffusion des connaissances du patrimoine culturel et environnemental de la vallée. Elle souhaite aujourd’hui étendre ses activités et offrir un lieu de rencontre et d’enseignement pour un public désireux de se réapproprier et partager leurs connaissances de la culture sur des sujets tels que la médecine traditionnelle, la sculpture, l’histoire ou encore les gestes quotidiens de l’ancienne société.

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Sondages réalisés à Fare Hape (crédit photo SCP 2017)


Dans le cadre de ce projet d’extension, trois premiers fare traditionnels vont être implantés dans le respect de la fonction des structures archéologiques présentes. Avant leur construction, il est nécessaire de vérifier le sous-sol des trois zones où seront construits le fare « ’Ōpūrei ā Pere », le fare « ’Aira’a ’upu » et le fare « Rapa’au ». Le premier servira d’abri à la pierre à pétroglyphes, le deuxième sera une salle de classe/atelier et dans le troisième seront enseignés les savoirs de la médécine traditionnelle.
L’association Haururu a sollicité l’intervention de l’archéologue P. Niva pour la réalisation d’une trentaine de sondages sur ces trois emprises. Selon l’avancée des travaux, une quatrième zone de fouille est prévue, laquelle accueillerait dans le futur une aire de spectacle. M. Niva sera accompagné des membres de l’association Haururu et de jeunes du CJA de Papeno’o.

- Téléchargez l’ arrêté n° 6265 MCE du 5 juillet 2017 autorisant M. Paul Niva à effectuer une campagne de fouilles archéologiques sur le site de Fare Hape, sis sur la terre Farefenua, dans la haute vallée de Papenoo, commune de Hitia’a O Te Ra, île de Tahiti

4. Campagne de fouilles archéologiques à Opunohu sur les sites du marae Tainu’u et de la terre Outumaoroa 3 parcelles A et D, commune de Tumaraa, commune associée de Tevaitoa, île de Raiatea effectuée par M. John O’ Connor (Arrêté n° 7035/MCE du 1 août 2017).
La mission de terrain de l’archéologue John T. O’CONNOR fait suite à une première recherche de prospection et sondages dans la commune de Tumara’a en 2016, sur les motu et sur le marae Tainu’u. Le marae Tainu’u présente alors un potentiel fort intéressant : structures archéologiques enfouies à 80cm sous le paepae, remblai probablement volontaire d’une partie de la pointe pour l’implantation des structures visibles actuellement, et vestiges et marae dont le célèbre Taputuara’i préservés côté montagne.
Les perspectives de recherche de Monsieur O’CONNOR, dans le cadre de son PhD (Doctorat) sont intéressantes à plusieurs titres :
D’une part, il cherche à documenter l’évolution du paysage sous l’influence réciproque de l’Humain et de la nature, dans une localité jamais étudiée jusqu’à présent, la côte Ouest de l’île de Ra’iatea. Les résultats pourront notamment servir de base puis de comparatif aux recherches envisagées par le Pays au sein du paysage culturel de Taputapuātea (UNESCO). La question du peuplement de l’île de Raiatea est également envisagée, tant au niveau des modèles archéologiques que des traditions orales, avec la position de l’île en tant que Havai’i.
D’autre part, sa position théorique affirme l’importance de la tradition orale dans la reconstitution de l’histoire polynésienne, dite « pré-européenne », et présente l’archéologie comme l’un des moteurs du développement culturel et identitaire des communautés locales. Ainsi, il prévoit de « vulgariser » ses résultats pour le public et les scolaires. La collaboration scientifique de Monsieur O’CONNOR avec Madame Hinanui CAUCHOIS, Docteur (PhD) en archéologie polynésienne et enseignante au collège à Ra’iātea depuis plusieurs années, laisse présager des résultats positifs au niveau des diffusions de ces recherches.

- Téléchargez l’ arrêté n° 7035 MCE du 1er août 2017 autorisant M. John O’Connor à effectuer une campagne de fouilles archéologiques sur les sites du marae Tainu’u et de la terre Outumaoroa 3 parcelles A et D, commune de Tumaraa, commune associée de Tevaitoa, île de Raiatea

5. Campagne de prospections et de sondages archéologiques sur la parcelle AC 211 à Punaauia sur l’ île de Tahiti, effectuée par M. Mark Eddowes (Arrêté n° 9052/MCE/ENV du 18 septembre 2017).

L’association « Mémoire polynésienne » présidée par Monsieur Jean Christophe SHIGETOMI a pour projet de porter un chantier de mise en valeur des sites historiques, et notamment des fortins de Punaauia, vestiges des guerres franco-tahitiennes de 1846. La tour Pare-Iti qui a été construite par le service du Génie en Océanie est située sur la parcelle cadastrée AC n° 211, appartenant au Pays via le Centre de formation pour adultes (CFPA).
Ce monument historique a été érigé en 1846 par une main d’œuvre du Génie, aidée de marins et de soldats, constituée de tailleurs de pierres, de briquetiers, de charpentiers, de maçons et de charrons débarqués de l’Uranie par Bruat en 1843 pour la construction des grands ouvrages de Papeete.
Le fortin Pare-Iti est situé sur un éperon rocheux qui surplombe le pont et la rivière Punaru’u. Ses dimensions sont de 3.5 m sur 4.8 m pour une superficie de 16 m². Il est constitué de moellons basaltiques bruts ou ébauchés, liés avec de la chaux corallienne. Les murs sont recouverts d’un enduit et d’un badigeon de chaux. L’accès aux créneaux se faisait au moyen d’un pont en bois. L’entrée principale était située à l’étage. Cette entrée était ornée de pierres de seuil taillées dans un tuf basaltique.
L’archéologue Mark EDDOWES a effectué du 11 au 29 septembre 2017 un diagnostic physique de l’édifice par le biais de sondages réalisés autour de l’édifice mais aussi à l’intérieur même de la tour. Ces sondages permettront d’évaluer l’opportunité d’un classement de l’édifice au titre des monuments historiques, mais aussi la nécessité d’une réhabilitation de ce fortin datant de la guerre dite « Franco- tahitienne de 1844-1846 ».


- Téléchargez l’ arrêté n° 9052 MCE/ENV du 18 septembre 2017 autorisant M. Mark Eddowes à effectuer une campagne de prospections et de sondages archéologiques sur la parcelle AC 211 à Punaauia sur l’île de Tahiti

6. Campagne de prospections et de sondages archéologiques sur le site du monument historique dénommé "Fort de Taravao" et ses dépendances, sis sur les parcelles cadastrées AE 169 et AH 34, commune de Taiarapu-Est, île de Tahiti, effectuée par M. Paul Niva (Arrêté n° 9187/MCE du 21 septembre 2017).
L’emprise du Fort de Taravao et ses dépendances s’étalent sur deux parcelles cadastrées AE 169 (commune associée de Afaahiti) et AH 34 (commune associée de Faaone), pour une superficie d’environ 29 000 m². La commune de Taiarapu Est, dorénavant propriétaire des lieux, souhaite aménager l’ex-emprise du Fort de Taravao, c’est-à-dire, développer une zone d’activités à vocation mixte.
Dans l’optique de ce prochain développement immobilier de Tahiti iti, le Service de la culture et du patrimoine se doit de veiller à la sauvegarde et la conservation de ce bien historique classé au patrimoine de notre Pays depuis 1952. Construit en 1843, le Fort de Taravao reste l’un des derniers vestiges historiques de l’histoire coloniale de Tahiti qu’il convient de préserver.

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Mur du Fort de TARAVAO (crédit photo SCP 2017)


Aussi, avant que ce projet d’aménagement ne se concrétise, une prospection des parcelles est recommandée pour y déterminer la présence éventuelle de vestiges pré-européens et/ou historiques. L’archéologue P. Niva a été chargé de mener cette prospection et d’ effectuer une campagne de sondages archéologiques afin d’essayer de retrouver les limites du fort et de la deuxième tour, aujourd’hui disparue.

-Téléchargez l’ arrêté n° 9187 MCE du 21 septembre 2017 autorisant M. Paul Niva à effectuer une campagne de prospections et de sondages archéologiques sur le site du monument historique dénommé "Fort de Taravao" et ses dépendances, sis sur les parcelles cadastrées AE 169 et AH 34, commune de Taiarapu-Est, île de Tahiti

7. Campagne de prospections et d’inventaire archéologiques de la zone Otukaiga de l’atoll de Fakarava, sis dans la réserve de biosphère de la commune de Fakarava, archipel des Tuamotu (Arrêté n° 9579/MCE du 3 octobre 2017).
La commune de Fakarava, qui englobe administrativement sept atolls bien distincts, est classée en Réserve de biosphère à l’UNESCO depuis 2006. Cette réserve a été créée afin de préserver le patrimoine naturel et culturel de ce groupe d’atolls des Tuamotu, unique dans sa diversité.
L’atoll de Fakarava est le plus grand de cette communauté, occupant une superficie totale de 122 100 ha, avec son lagon qui s’étale sur 115 300 ha. Le programme MAB (Man And Biosphere) de l’UNESCO appliqué à la commune de Fakarava, vise à rechercher une harmonie constante entre amélioration des environnements humains et préservation des écosystèmes naturels et culturels.
Dans ce cadre précis, un premier inventaire archéologique de ces atolls a été lancé par le Pays via la Direction de l’Environnement, recensant les vestiges culturels de chaque territoire. Il s’agissait de prendre en compte la dimension humaine dans le programme MAB et de montrer l’intéraction active entre les hommes et leur environnement terrestre et marin.
Une prospection préliminaire de l’atoll de Fakarava par l’archéologue Paul NIVA en 2015 a révélé la présence de vestiges pré-européens. L’existence de ces structures archéologiques prouve bien qu’autrefois les anciens Polynésiens occupaient et façonnaient leur espace mais vivaient en concordance avec leur milieu naturel.
Dans la zone de Otukaiga, les traditions orales mentionnent la présence de marae et de maite (fosses de culture), qu’il convient de vérifier sur le terrain. Le Service de la Culture et du Patrimoine souhaite donc poursuivre cet inventaire archéologique dans ce secteur de plus de 9 ha qui n’a pas encore fait l’objet d’une campagne de prospections-inventaire détaillée.
M. NIVA est donc chargé d’inventorier, d’identifier et de décrire les sites culturels (archéologiques, historiques et/ou légendaires) retrouvés dans la zone Otukaiga. Les résultats de cette campagne de prospection-inventaire permettra d’établir une partie de la carte archéologique de Fakarava et d’alimenter la base de données du Service de la Culture et du Patrimoine qui ne répertorie actuellement que 20 sites culturels sur cet atoll.

-Téléchargez l’ arrêté n° 9579 MCE du 3 octobre 2017 autorisant M. Paul Niva à effectuer une campagne de prospections et d’inventaire archéologiques de la zone Otukaiga de l’atoll de Fakarava, sis dans la réserve de biosphère de la commune de Fakarava, archipel des Tuamotu

8. Campagne de prospections et d’inventaire archéologiques sur les parcelles cadastrées AH 7, AH 8, AH 9, AH 10 et AH 11 de la terre "Vaimai", dans la commune associée de Hipu, île de Taha’a, îles Sous-le-Vent (Arrêté n° 12569/MCE du 30 novembre 2017).
Situé sur la plaine côtière, le marae de Vaima’i, répertorié la première fois par K. Emory en 1925, a été restauré en 1991 par le Département Archéologie. Durant cette campagne, des structures ont été brièvement répertoriées depuis le rivage jusqu’au fond de la vallée.
Dans le cadre d’un futur classement de cet ensemble archéologique exceptionnel, il est indispensable de disposer d’un état des lieux général, notamment en nombre de monuments présents, de leur type, de leur description et de leur état de conservation.

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Paepae du marae VAIMAI (Crédit photo SCP 2017)


Pour cela, un récolement des vestiges anciens sur la terre « Vaima’i » est nécessaire pour savoir si une structure déjà répertoriée et identifiée est aujourd’hui bien conservée ou détruite. Ce premier travail permettra de mettre à jour l’inventaire actuel. Ensuite, pourront s’y rajouter de nouvelles structures recensées lors des prospections prévues pour cette fin d’année 2017.
Les données récoltées après cette mission de prospection-inventaire et de récolement avec l’ancien inventaire de Vaima’i permettront d’établir la carte archéologique détaillée et actualisée de ces cinq parcelles cadastrées AH 7, AH 8, AH 9, AH 10 et AH 11 de la terre Vaima’i.
-Téléchargez l’ arrêté n° 12569 MCE du 30 novembre 2017 autorisant M. Paul Niva à effectuer une campagne de prospections et d’inventaire archéologiques sur les parcelles cadastrées AH 7, AH 8, AH 9, AH 10 et AH 11 de la terre "Vaima’i", sises dans la commune associée de Hipu, île de Taha’a, îles Sous-le-Vent