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Pourquoi la Polynésie française rend hommage à TE ARAPO.


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Tearapō sur son vélo (dessin de Dubois)


Tearapo était un conteur moderne des mythes et légendes polynésiennes

Cet homme de grande sagesse animait l’émission radiophonique du même nom (Te-arapo) dans les années 60 à 67 tous les lundis en début de soirée, sur radio Tahiti devenue l’ORTF puis R F O radio depuis.

Né le 22 octobre 1902, il est décédé le 06 août 1969. Une stèle lui est dédiée devant l’école primaire d’Arue 1 depuis le 08 d’octobre 1997.

Son expertise relevait de la parfaite connaissance des textes de tradition orale :

‘aai, pariparifenua, parau tumu o te fenua. Il les a recueillis patiemment, année après année en arpentant les communes.« Océanie, je te salue », avait-t’il coutume de dire lorsqu’il achevait la narration des récits qu’il avait recueillis.

Un temps menacés de disparition ces témoignages du passé océanien, propres aux archipels composant le Fenua, ont fort heureusement été sauvés de l’oubli grâce à l’intervention de personnes sensibles à la préservation et la conservation de ce patrimoine.

Pouira ä TEAUNA s’étant fait enterrer avec ses propres écrits à sa demande, il ne restait plus que des enregistrements radiophoniques, lesquels furent sauvés de la destruction grâce à un réseau qui s’est mobilisé pour les sauvegarder.

Après plusieurs années de labeur, de négociations et de concessions réciproques, le lundi 22 octobre 2012, date anniversaire de la naissance de Monsieur Pouira ä TEAUNA, dit « Te Arapo » (1902 - 1969), j’ai accueilli, en présence des représentants du service de la culture et du patrimoine, les héritiers de feu Te Arapo, afin de signer avec eux une convention autorisant la valorisation des savoirs ancestraux recueillis et diffusés par leur aïeul.

Rappel historique

Dans les années 60 à 67, tous les lundis en début de soirée, l’unique chaîne radiophonique de l’époque : Radio Tahiti, diffusait l’émission intitulée :« Te-ara-po » . Les émissions d’une durée de 15 minutes environ étaient animées ces années-là par Pouira ä Teauna tandis qu’auparavant, d’autres conteurs comme : Paia Mataoa, Tanetua Richmond, Martial Iorss et d’autres les dirigeaient.

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A partir des années quatre-vingts, en conformité avec leurs missions de protection, de conservation, de valorisation et de diffusion du patrimoine culturel de la Polynésie française, le Centre Polynésien des Sciences Humaines et son département des traditions orales, puis le service de la culture et du patrimoine (en 2001), ont successivement procédé à la transcription et à l’adaptation des éléments patrimoniaux transmis , en son temps, par Monsieur Pouira ä TEAUNA, de façon à les rendre présentables et intelligibles par un public scolaire.

Ainsi est née la collection : PARAU NO TE AI’A

Financés par le Fonds d’Investissement et de Développement Économique et Social (FIDES - 2 800 980 F CFP), ces travaux dont la graphie a été vérifiée par les académiciens du Fare Väna’a, ont permis l’édition, à partir de 1997, d’une collection de six livrets regroupés sous le titre de « Parau nö te ‘äi’a », pour l’essentiel destinés à enrichir le matériel pédagogique d’apprentissage du reo tahiti dans les écoles.

L’autorisation donnée récemment au pays par ses héritiers de procéder à la diffusion gratuite de la collection desdits livrets auprès des écoles, collèges et lycées, permettra que soit préservée de l’oubli une part appréciable de nos savoirs ancestraux, recueillie par celui qui était surnommé TE ARA PO, au cours de son existence auprès de personnes dépositaires d’expressions de la tradition culturelle polynésienne.

Cette cérémonie de signature aura été l’occasion de remercier les héritiers de Monsieur Pouira ä TEAUNA pour ce geste fort en direction de nos plus jeunes générations et rendre solennellement hommage à la contribution notoire de leur aïeul à la sauvegarde de ce précieux patrimoine.

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En effet, « La parole de tout peuple est sacrée »… et toutes les parties présentes l’ont admis.

- Après avoir reconnu que le patrimoine culturel immatériel polynésien, en tant qu’héritage vivant d’une tradition immémoriale, développée et perpétuée par la société polynésienne, transmis de génération en génération, oralement, par imitation ou par d’autres moyens, constitue le fondement de l’identité culturelle et sociale polynésienne ;

- Sachant qu’en tant que fruit d’un constant et lent processus impersonnel d’activité créatrice, ce patrimoine joue un rôle déterminant dans l’épanouissement de la création et de l’innovation, qui pour s’enraciner dans un continuum ancré dans le passé, participe au développement durable de la société polynésienne inéluctablement tributaire, au-delà de la créativité dont elle est l’héritière, des savoirs ancestraux se rapportant aux ressources, espaces et autres dimensions du cadre social et naturel nécessaires à sa durabilité ;

- Inspirés par les conventions, recommandations et résolutions internationales existantes en matière de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel démontrant l’importance que présente, pour tous les peuples du monde, les systèmes de savoirs traditionnels, en ce qu’ils sont une source de richesse constamment renouvelée, aussi bien par leur valeur socio-économique qu’en tant qu’élément du patrimoine culturel, dès lors qu’ils offrent des possibilités permanentes de créativité et d’innovation dans la plupart des domaines techniques, qu’il s’agisse de pratiques médicinales et agricoles traditionnelles, de musique, de dessin ou d’arts graphiques et plastiques ;

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- Conscients de la contribution aussi brillante que notoire apportée à la sauvegarde de ces processus, savoirs et compétences par Monsieur Pouira ä Teauna qui, en endossant à son tour cette fonction de voix collective placée au service du bien commun dans le cadre de l’émission Te Arapo diffusée sur les ondes de Radio Tahiti dans les années soixante, aura permis de préserver de l’oubli une part appréciable de ce précieux patrimoine, recueilli au cours de son existence auprès de personnes dépositaires d’expressions de la tradition culturelle polynésienne ;

- Convaincus que les enregistrements de ces émissions voués, fin 1970, à la destruction par l’Office de Radiodiffusion-Télévision Française alors substitué à Radio Tahiti, ont pu être partiellement sauvés à la demande instante de Monsieur Francis Sanford, alors Vice-président du Conseil de gouvernement de la Polynésie française, et de son conseiller de gouvernement en charge de la culture, Monsieur Maco Tevane ;

- Etant précisé que les travaux liminaires de transcription littérale desdits enregistrements entrepris à partir des années quatre-vingts par Mesdames Heipua Bordes, Danielle Carlson, Ellis Loyat et Doris Maruoi, d’abord pour le compte du département des traditions orales du CPSH, puis pour le compte du service de la culture et du patrimoine consécutivement à l’absorption par celui-ci du département des traditions orales ;

- Informés du substantiel et remarquable travail de transcription et d’adaptation, poursuivi pendant près de six années à partir des années quatre-vingt dix par Madame Doris Maruoi, de façon à rendre les éléments patrimoniaux transmis par Monsieur Pouira ä Teauna présentables et intelligibles par un public scolaire, dès lors qu’ils étaient principalement destinés à enrichir le matériel pédagogique d’apprentissage du reo mä’ohi dans les écoles ;

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- Considérant que ces derniers travaux de transcription et d’adaptation financés par le Fonds d’Investissement et de Développement Économique et Social (FIDES), dont la graphie a été vérifiée par les académiciens du Fare Väna’a, ont permis l’édition, à partir de 1997, d’une collection de six livrets, imprimés à raison de 500 exemplaires chacun et regroupés sous le titre de « Parau nö te ‘äi’a » ;

- Sachant en effet que lesdits fascicules avaient vocation à être distribués aux Centres de Documentation et d’Information des écoles primaires, collèges et lycées du pays, ainsi qu’auprès de la bibliothèque universitaire et des bibliothèques publiques ;

- Motivés par le devoir de transmission de ce patrimoine, qui au delà du sentiment d’identité et de continuité qu’il inspire à la communauté vivante polynésienne par rapport aux générations qui l’a précédée, revêt une importance cruciale pour la sauvegarde de la diversité culturelle et la créativité de l’humanité".

- Considérant enfin que les missions de protection, de conservation, de valorisation et de diffusion du patrimoine culturel de la Polynésie française dévolues au service de la culture et du patrimoine ;

La Polynésie française a tenu à rendre hommage au travail de Monsieur Pouira ä Teauna.

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Autres articles disponibles en consultation :

- La cérémonie de remise des livrets du 22 octobre 2012

- Historique en français

- Historique en tahitien

- Remise officielle des collections " Parau nō te ‘āi’a ", richesses transmises par Te Arapo

- Rencontre au SCP avec des ayants droits de la famille TE ARAPO

- La mémoire ravivée : les livrets " Te Arapo "

- La légende du requin de Mangareva