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Travaux et rapports



1) Les Dossiers d’Archéologie Polynésienne (D.A.P.)

Les Dossiers d’Archéologie Polynésienne sont une revue scientifique annuelle du Service de la culture et du patrimoine dont le premier numéro est paru en 2002.

Les Dossiers d’Archéologie Polynésienne publient en alternance une étude précise et détaillée sur une île ou un thème de recherche (le n° 1 sur l’île de Ua Huka dans l’archipel des Marquises et le n° 3 sur l’île de Rimatara dans l’archipel des Australes) puis un bilan de la recherche archéologique en Polynésie française pour les deux années précédentes dans lequel l’ensemble des travaux archéologiques est présenté (n° 2 et 4).

Ainsi, tous les deux ans ce numéro permet de diffuser rapidement les résultats de la recherche auprès des instituts de recherche du Pacifique et de métropole, des érudits, des élus et des chercheurs, qu’ils soient résidents, métropolitains ou étrangers. Il rend facilement accessible ces résultats qui jusque là étaient dispersés dans des publications métropolitaines et étrangères peu ou pas diffusées localement.

Vous les trouverez à la rubrique téléchargement

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Dossiers d’Archéologie Polynésienne n° 3
2004
Mark EDDOWES
Etude archéologique de l’île de Rimatara, Archipel des Australes
(112 pages)

2) PETROGLYPHES Raiatea, Bora-Bora, Huahine (Inventaire archéologique de Polynésie française)

L’inventaire systématique de l’art rupestre de Polynésie française, entrepris en 1984 par le Département Archéologie du Centre Polynésien des Sciences Humaines, a réuni jusqu’à présent, pour l’ensemble du territoire, quelque 400 oeuvres d’art trés diverses, regroupant des panneaux de pétroglyphes (figures gravées en bas-relief), des peintures rupestres, des ti’i et des stèles sculptées.

Différentes missions, menées parfois en collaboration avec des chercheurs de l’Université de Californie, ont été consacrées à la réalisation des relevés, descriptions et photographies de ces oeuvres d’art, ainsi qu’au nettoyage et au moulage d’empreintes de certaines d’entre elles.

Ces premiers travaux, indispensables à la connaissance et à l’étude de ces manifestations artistiques, répondent aussi au besoin de préserver ces oeuvres qui, façonnées sur des supports tendres souvent exposés aux intempéries, tels de grands rochers ou des parois en plein air, subissent au fil des années d’importantes dégradations naturelles.

Signalons qu’aux îles de la Société, et notamment dans les îles concernées par ce recueil - Raiatea, Bora Bora et Huahine - les pierres sculptées ou gravées se révèlent moins diversifiées que celles rencontrées dans les vallées et sur les crêtes des îles Marquises.

Parmi les motifs recensés on identifie près de 120 tortues gravées ou sculptées, des poissons, une douzaine de figures humaines tracées parfois sommairement, des embarcations inachevées et plusieurs figures géométriques.

Ce recueil répond essentiellement à une volonté de mettre à disposition de nombreux lecteurs et internautes des images de l’art rupestre ancien de ces îles, fort méconnu du public.


PETROGLYPHES de BORA-BORA

- BOB 1, 2, Faanui, Marae Fareopu - 6 tortues, 1 tortue inachevée

- BOB 3 a, Nunue - 4 tortues, figures géométriques

- BOB 3 b, Nunue - 3 tortues

- BOB 3 c d , Nunue - 1 tortue, figures géométriques

- BOB 4, Nunue, Tiipoto - 3 tortues

- BOB 5, Nunue, Tiipoto - 2 tortues

- BOB 6-9-10, Nunue, Tiipoto - tortues, figures érodées

- BOB 7, Nunue, Tiipoto, - 2 tortues, 1 pirogue

- BOB 8, Nunue, Tiipoto - 2 tortues, 4 cercles, 1 figure

PETROGLYPHES de HUAHINE

- HUH 1, Maeva, Marae Rauhuru - 3 tortues, cercles,figures géométriques

- HUH 2 - Maeva, Marae Rauhuru - 1 pirogue 1 cercle inachevé

- HUH 3 - Maeva Marae Rauhuru - 2 tortues 2 pirogues figures géométriques

PETROGLYPHES de RAIATEA

- RFP 1 Tevaitoa, Marae Tainuu- 6 tortues, 6 pirogues, figures inachevées

- RFP 2, 3 Tevaitoa, Marae Tainuu

- RFP 4, 7, Tevaitoa,Tainuu - 1 tortue, 1 hupe

- RFP 5, 8, Tevaitoa, Tainuu - tortues

- RFP 6,Tevaitoa, Tainuu - tortues

- RFP 9 a, Tevaitoa, Uparu - 2 tortues

- RFP 9 b, Tevaitoa, Uparu - 1 tortue et tortues inachevées

- RFP 9 c, Tevaitoa, Uparu - 4 tortues

- RFP 9 d, Tevaitoa, Uparu - 3 tortues

- RFP 10, Tevaitoa, Uparu - 4 tortues

- RFP 11, Uturoa - 1 tortue

- RFP 12 a, Avera, Miimitiaute, Vairahi - tortue

- RFP 12 b, Avera, Miimitiaute, Vairahi - 2 tortues

- RFP_12_c_Avera_Miimi tiaute_Vairahi_-_tortues_cercles_4_cupules

- RFP 13 a,b,c, Avera, Miimitiaute, Vairahi - 3 tortues

- RFP 13 d, Avera, Miimitiaute, Vairahi - 4 tortues

- RFP 13 e, Avera, Miimitiaute, Vairahi - 3 tortues, 1 cercle

- RFP 14, Avera, Miimitiaute, Vairahi - 1 tortue, 1 cercle, 4 cupules

- RFP 16, Avera, Miimitiaute, Vairahi - 2 tortues

- RFP 17, Avera, Miimitiaute - 10 tortues, tortues inachevées

- RFP 18, Avera, Miimitiaute - 3 tortues, 4 cercles

- RFP 19, 20 a, Avera, Miimitiaute - tortues, cercles

- RFP 20 b, c, Avera, Miimitiaute -cercles

- RFP 21, Avera, Miimitiaute - 5 tortues, figures géométriques

- RFP 22, Opoa, Haapapara - 3 tortues

- RFP 23 a, Opoa, Haapapara - figures humaines et géométriques

- RFP 23 b, Opoa, Haapapara - 1 tortue, figures humaines et géométriques

- RFP 23 c, Opoa, Haapapara - 1 tortue, figures humaines et géométriques

- RFP 23 d, Opoa, Haapapara - figure humaine

- RFP 23 e, Opoa, Haapapara - figures humaines et géométriques

- RFP 23 g, Opoa, Haapapara - figures humaines

- RFP 23 p, Opoa, Haapapara - 2 tortues

- RFP 23, Opoa, Haapapara - 4 tortues, figures humaines et géométriques

- RFP 24, Opoa, Haapapara - 1 tortue

- RFP 25,26,27, Opoa, Haapapara - 2 tortues, figures géométriques

- RFP 28, Opoa, Haapapara - 1 tortue, 3 poissons

- RFP 29, Opoa, Haapapara - 2 tortues, 1 poisson

3) La carte archéologique de la Polynésie française : occupations des territoires et organisation sociale et politique



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- Occupations des territoires et organisation sociale et politique

La carte archéologique de la Polynésie française recense dans une base de données informatisée couplée à un SIG, l’ensemble des sites archéologiques et légendaires du pays. Elle repose sur des données issues des fouilles, des prospections archéologiques et des sources historiques : témoignages des premiers voyageurs européens, des missionnaires, recueil des traditions.

Dans ce programme, la priorité est donnée aux îles de la Société où le patrimoine archéologique et légendaire est le plus menacé par le développement économique et par les facteurs naturels d’érosion.

Ce projet a pour finalité l’analyse de l’organisation pré-européenne des espaces. Les comparaisons entre îles et archipels mettent en évidence un fond culturel commun et des particularités locales qu’il faudra interpréter.
Cette analyse passe par l’étude des relations spatiales entre les structures domestiques, communautaires et religieuses.

Les informations issues des traditions orales et des études ethnohistoriques permettent d’interpréter la fonction des structures observées. Elles nous renseignent aussi sur l’organisation politique et sociale des chefferies à l’arrivée des premiers Européens, entre la fin du XVIIIe siècle et les premières décennies du siècle suivant selon les îles.

4) Sites archéologiques restaurés de la vallée d’Opunohu

Des vestiges archéologiques abondants et révélateurs
La vallée d’Opunohu est la plus vaste, et sans doute la plus fertile de l’île de Moorea, de Vaipohe à Amehiti, elle occupe tout le cratère effondré de l’ancien volcan. Contrairement à ce qu’il est possible d’observer de nos jours, les vallées des Iles de la Société ont été souvent très peuplées avant l’arrivée des Européens. Les nombreux vestiges archéologiques mis au jour parfois fort loin à l’intérieur des terres, comme c’est le cas à Opunohu, en témoignent.
Les structures archéologiques visibles à Opunohu ont été restaurées en 1969 sous la direction du Dr. Y.H. Sinoto du Bishop Museum de Honolulu et sont régulièrement entretenus depuis. Elles ne représentent qu’une petite partie d’un très grand site d’habitat ancien. C’est au Pr. K.P. Emory que l’on doit, dès 1925, les premières investigations archéologiques de surface dans cette vallée.
Ce n’est qu’en 1960, trente cinq ans plus tard, que l’archéologue R.C. Green et son équipe ont pu y effectuer des recherches importantes et fructueuses.
Après dix mois d’efforts, plus de cinq cents structures ont été inventoriées, parmi lesquelles :

-  des petits marae familiaux et corporatifs,

-  de grands marae communautaires,

-  des habitations de type fare haupape ou fare pote’e,

-  de grandes maisons communautaires,

-  des plate-formes de réunion,

-  de nombreux aménagements de murs,

-  des terrasses agricoles,

-  ainsi que trois plate-formes de tir à l’arc.

Il faut souligner que grâce à ses découvertes sur le site d’Opunohu, R.C. Green a pu enrichir et nuancer la classification des structures archéologiques, et surtout la typologie existante pour les marae des Iles de la Société.

Etablie précédemment par le Pr. K.P. Emory, cette typologie était fondée sur le lien existant entre le style de la construction et sa localisation géographique, distinguant ainsi trois grand type de marae : les « marae côtiers », les « marae de l’intérieur », et les « marae intermédiaires ». Le marae Ahu-O-Mahine, construit loin à l’intérieur de la vallée, n’en est pas moins un parfait exemple de cette architecture de « type côtier ».

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Carte des sites restaurés de la vallée d’Opunohu

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- Carte des sites archéologiques de la vallée de Opunohu

Marae Ahu o Mahine
Le nom d’origine de ce marae s’est perdu, la coutume a gardé celui de Mahine, le grand chef guerrier qui régna sur la vallée d’Opunohu à la fin du XVIIIe siècle. Ahu-o-Mahine est un marae unique en son genre dans la vallée de Opunohu, par son style de construction qui est en effet celui des marae côtiers des Iles de la Société.

On remarque la régularité des pierres basaltiques utilisées aussi bien pour la assises de l’ahu à trois degrés, que pour le parement externe de toute la cour du marae. La face visible des pierres est façonnée en arrondi, alors que la partie interne est plane sur quatre faces, ce qui améliore la stabilité de cette construction sans mortier. Sur la cour pavée, on compte deux pierres-dossiers et dix pierres dressées. Sur la gauche, à l’extérieur du marae, une petite aire pavée, à ras du sol, lui est probablement associée.

Ahu-O-Mahine est probablement le dernier des marae construits dans la vallée. Sa construction, typique de la culture tahitienne de la fin du XVIIIe siècle, correspond à la dernière période du développement de la communauté d’Opunohu.

Marae i Afare’aito
L’un des mieux conservés de la vallée avant les travaux de restauration, ce marae fut érigé, selon la tradition, après la victoire des ari’i de Ha’apiti : les Marama, sur ceux d’Opunohu : les Atiro’o. Le nom d’Afareiato signifie « Maison des Guerriers ».

Le mur d’enceinte, à double parement, limite un cour pavée comportant cinq pierres dossiers et 13 pierres dressées. L’ahu est séparé du mur d’enceinte, et sa façade est constituée de deux assises de basalte, séparées par une assise de blocs de corail. Deux petites plate-formes pavées, contenant elles-aussi des pierres dressées sont attachées au marae sur la gauche du mur d’enceinte.

La proximité de deux plate-formes réservées au tir à l’arc, permet de supposer que le culte de Paruatetavae, dieu des archers, a pu être célébré sur le marae Afareaito, et que les arcs, flèches et vêtements cérémoniels des archers y étaient conservés.

Marae i Tetiiroa
Titiroa est le nom de la terre sur laquelle le marae a été bâti.
Le mur d’enceinte est fait de blocs de basalte, la cour intérieure surélevée est partiellement pavée et contient 15 pierres dressées, 2 pierres dossiers, et 3 cistes rectangulaires bordées de dalles de corail. L’ahu est séparé du mur d’enceinte, et l’assisse supérieure de sa façade est probablement ornée de minces plaques de corail. Ce qui est une des caractéristiques des marae de l’intérieur aux Iles du Vent.
A proximité de ce marae, les fouilles archéologiques effectuées ont révélé que l’endroit a été occupé dès la fin du XVIè siècle, et de nombreuses traces de vie domestique datent du XVIIè siècle : charbons, trous de poteaux d’habitations, ou fosse de stockage de nourriture.
Au cours de la restauration du marae, deux squelettes humains incomplets, ont été mis au jour dans un angle du mur d’enceinte, à l’extérieur du marae : ainsi que d’autres vestiges, datant du XVIIIè siècle, ce qui correspond à l’époque de la construction du marae.

Les plates-formes de tir à l’arc
L’architecture des plates-formes de tir à l’arc est très particulière et se caractérise par la forme concave de la partie frontale, et l’angle, plus ou moins fermé vers l’arrière, que forment les côtés. A l’intérieur de ce triangle tronqué, un accès en forme de T délimite des surfaces de finitions différentes, avec ou sans pavages. Des pierres dressées, quelquefois sculptées, étaient placées dans les angles de la plate-forme, et la plus importante, au centre de l’arc rentrant, marque le place de l’archer.
Dans les vallées, ces plates-formes faisaient toujours face au flanc dégagé d’une colline, et sur la côte elles étaient orientées dans l’axe du rivage.
Construite le plus souvent en pierres de basalte, plus rarement en blocs de corail, l’ouvrage est peu élevé : une ou deux assises de pierres pour les plus basses, à moins d’un mètre pour les plus hautes.
Il en existe au moins trois dans la vallée d’Opunohu à Moorea, et cinq dans la vallée de la Papenoo à Tahiti. Plusieurs autres plates-formes de tir à l’arc ont été inventoriées, dans la presqu’île de Tahiti et dans différentes îles de l’Archipel de la Société. Ce type de plate-forme n’a pas été découvert ailleurs en Polynésie, tout comme la pratique du tir à l’arc, qui semble limitée à ce seul archipel, exception faite de Mangareva où il en existait même une tradition guerrière.

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- La vallée d’Opunohu fête sa renaissance (Hiro’a n° 64 - Janvier 2013)

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